L’ITW du Beatmaker – Al’tarba

altarba-2-1024x680

Ce mois-ci, j’ai eu l’honneur d’interviewer Al’tarba. Ce talentueux beatmaker toulousain sort un nouvel Ep – Ladies & Ladies –  disponible ce 25 novembre.  L’occasion était donc idéale pour lui poser quelques questions. 

1. Bonjour Al’ tarba, même si on te connaît bien sur ce site, peux-tu te présenter ?

Mon vrai prénom c’est Jules, j’viens de Toulouse, j’ai sorti 4 albums et un EP sors dans une semaine, je fais des beats et je fais aussi partie du groupe toulousain Droogz Brigade.

2. Tu as un parcours musical assez long qui a commencé dès ton plus jeune âge, peux-tu nous le résumer ?

Comme beaucoup par le biais de mes parents, je pense qu’ils m’ont offert mon premier cd de rap, Authentique de NTM ou métèque et mat je sais plus, j’ai même eu un groupe de rap dans la cour de récré en primaire, enfin un groupe, on jouait a faire du rap plus qu’autre chose ahah. Je suis pas mal allé dans le punk et le hardcore par la suite, j’avais un groupe de punk, j’ai même joué de la basse quelques mois dans le groupe du sud mythique de hardcore Fat society. Puis c’est par le biais de youri (Sad vicious de droogz brigade) que j’ai rencontré dans un skate park (mato skatepark pour les Toulousains qui ont connu cette époque, c’est là bas que j’ai entendu mes premiers cypress et wu tang) que je suis revenu vers le rap avec des artistes comme necro ou jedi mind dans le casque. Par la suite j’ai été amené à fouiller le coté plus « abstract » et même expérimental, des trucs genre rjd2, Amon Tobin, Bonobo, Venitian snare tout ça…

3 .On reconnaît facilement les influences de Necro et des Wu-tang dans tes prods, quels sont les autres producteurs qui t’inspirent ? Et pour ton côté Abstract ?

Je dirais pour le coté hip hop les classiques oui Necro, Rza , dj Muggs et Alchemist. Pour le côté abstract, ce serait comme je t’ai déjà cité Amon Tobin, rjd2, blockhead..

4. Sans dévoiler tes secrets, comment tu t’y prends pour produire ? Tu commences par quoi ?

Franchement il n’y a pas de règle pour moi, je commence souvent par digger ou me dire : « tiens sur le projet, il manque une track « blues fantomatique tristo-badan » ou « vampiro baroque clavecin film de cul » ou encore « psychedelico – lsd hippie à la charles manson» « ahahaha.  J’aime bien partir avec des concepts en tête des fois et voir ce que ça peut donner en essayant de le re transcrire en son. D’un point de vue technique mon set up a pas mal évolué au fil des années, là j’ai surtout cubase et mes deux guitares, mais au fil des vst nouveaux que tu chopes t’as des nouvelles sonorités qui apparaissent dans les prods.

5. Cette année, tu as produit un Album entier de Lord Lhus (Al’ tarba VS Lord Lhus). Comment s’est passée la rencontre avec Lord Lhus ?

Ce fut d’abord via MySpace, puis sur des live sur lesquels on s’est croisés et on a sympathisé, on s’est bien entendu et l’idée de faire un album commun est venue comme ça.

5b. Tu as dû faire des compromis pour arriver à vous entendre ?

Non ça allait, Lhus me faisait assez confiance au sujet des choix de beats et inversement, ou de la structuration de l’album, il a du refuser peut être max un ou deux beats et moi j’ai enlevé un couplet ou deux de l’album en général tout s’est fait assez vite et facilement. On était d’accord sur le fait qu’on voulait un album qui garde une ligne directrice tout en restant assez varié, c’est pour ça que tu peux passer d’un titre assez guerrier comme « 3 amigos » a un truc plus psyché comme « journey into the mind » ou une ambiance horrorcore comme « cursed ».

6. Tu fais aussi des Lives. Est-ce que tu dois faire des adaptations particulières pour avoir un set à jouer ? Comment ça se passe ?

En gros en live, j’épure mes sons de certains samples que je rejoue sur les sons avec d’autres nouveaux. Avec Dj nix’on on taff des edits, des gimmicks scratchés pour chaque show… En général je gère des envois d’effets sur ses pistes, lui reprend des samples de mes tracks pour les re-scratcher et on se fait des ping pong d’envoi de track. L’idée c’est que le set puisse raconter une histoire évolutive, autant dans le sombre que dans le cartoonesque.

7. Tu es un des rares beatmaker français à vivre de son art. J’imagine que tu as effectué un travail considérable pour en arriver là. Surtout en Europe où la mentalité n’est pas du tout la même qu’outre-Atlantique. Y-a-t’il d’autres alternatives que faire des collaborations avec Américains pour arriver à ce résultat ?

Définitivement le live, ainsi que la synchro pour des trucs télé ou des sites ou autres.. Et puis faire des projets bien taffés, une fois qu’ils sont en vente sur le net ça fait une rentrée d’argent en plus via le label qui l’a foutu sur le net et ça certaines fois ça peut sauver la vie. Mais depuis que j’ai un booker et une manageuse j’ai le statut intermittent et ça c’est vrai que ça change la vie pour sûre !!

8. Tu peux nous parler de ton nouvel EP – Ladies & Ladies —, qui sort ce 25 novembre ?

Il me tarde qu’il sorte, alors je vais te citer le dossier de presse la phrase résume bien le truc ahah : « Un Hip Hop abstract glissant vers le Trip Hop, toujours sombre, et mélodique.6 titres en hommage à la gent féminine, sensible et romantique, mais pas vraiment celle des contes de fées. De l’insouciance moqueuse d’un titre comme “Ladies & Ladies”, au blues fantomatique de “She Haunts” jusqu’à la malice de Bonnie Li et Jessica Fitoussi sur le titre “The vengeance Sisters”, les femmes qui se dessinent en filigrane au cours des textures sonores de cet album//EP sont inspirées de personnes réelles ou fictives comme Thelma et Louise, Betty Page, mais aussi Billie Holiday ou encore l’inquiétante Susan Awtkins… » Voilà je te prie de m’excuser pour ma paresse, mais je trouve que ça résume bien le truc !

9. Tu produis du hip-hop abstract autant que des beats de Rap. As-tu une préférence ?

Non ça dépend vraiment des moments, j’ai besoin de faire les deux pour m’épanouir musicalement on va dire !

10. Ici on aime évidemment parler matos ! Tu utilises quoi ?

Avant j’avais un asr 10 , mais depuis que je vie a paris, j’utilise seulement cubase, un clavier maître, une guitare et une basse, ce qui est déjà pas mal ahah.

11 .Quels sont les bons conseils que tu donnerais à un beatmaker débutant ?

Hmm… après être sorti de la salle du temps, être malin dans ses placements de beats, penser a se mettre en avant en sortant des projets perso, et éviter trop de nouilles chinoises a la semaine ça fille une chiasse pas possible au bout de quelques mois hmmm !!

12. Quels sont tes autres projets ?

Y’a pas mal de trucs qui arrivent, mon prochain album qui sera hyper dark et encore plus asbtract et presque expérimentale cette fois. Il va s’appeler « let the ghosts sings » il est déjà bien avancé, je suis en pourparler avec un label pour le sorti il sera surement précédé d’un EP annonciateur de l’album (ladies & ladies lui est plutôt un ep conceptuel qui existe en tant que tel). On avance aussi sur l’album de mon groupe droogz Brigade que je produis dans sa totalité je pense… Il y a le projet « Breaking tracks » sur le label sick digger records. Pour celui-là le concept c’est : je fais tous les beats, nix’ on vient a chaque track poser des tracks et Tony du label s’occupe de nous trouver les rappeurs qui viendront kicker ça. Et il y avait aussi l’album Planet x, deux rappeurs Eternel , Apocalypse et moi, on avait fait tout un album d’environ 16 tracks il y a genre 5 ans, il n’est jamais sorti, 7 tracks sont sortis sur des projets à droite à gauche, mais le reste est resté sur nos disques durs, peut être qu’on jour on réunira tout ça et on le sortira who knows ?

13. Je te laisse le mot de la fin !

Big up au site et à tous mes confrères beatmakers, zboing !!

Merci Al’tarba !

 

Facebook : https://www.facebook.com/altarbabeats