L’ITW du Beatmaker – Nicobox

A l’occasion de son nouveau projet « Reconstruction (Tribute to J Dilla) », nous sommes allez à la rencontre du talentueux Nicobox.

Nicobox

Nicobox

Peux tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Nicobox, je suis claviériste, beatmaker passionné et prof de musique en collège.

D’où te vient ce pseudo ?
Mon prénom est Nicolas et je pratique humblement la human beatbox depuis quelques années. Mes amis m’ont surnommé logiquement Nicobox !

Quelles sont tes influences ?
Etant passionné de musique, mes influences sont très larges : le rap américain type De La Soul, ATCQ, Madlib, Pete Rock et JDilla. Le jazz, la funk, la musique brésilienne, sans oublier la musique « classique », ressource inépuisable pour mes productions.

Justement, tu nous sort un nouveau projet, rendant hommage à JD : comment t’es venu l’idée ?
J’ai découvert Jay Dee à sa mort par le biais de ses productions pour Slum Village, ATCQ et Common. J’ai pris une claque. Depuis, je ne cesse d’écouter et analyser ses morceaux. Je me suis aperçu que son apport dans le paysage musical était très important : le choix des samples et le découpage de ces derniers, le groove de ses rythmiques, jusqu’au synthé-lead placé au-dessus des voix! A travers cette mixtape, j’ai recréé certaines de ses productions à ma sauce, sans être dans la simple imitation mais en y ajoutant ma touche personnelle.

Et pendant combien de temps, as tu travailler dessus ?
Cela fait quelques mois que je travaille sur ce projet, en alternance avec « Vue sur l’exterieur », une mixtape de beats sortie en mars.

Du coup, d’autres projets à venir ?
D’autres mixtapes de beats sont en préparation ainsi qu’une suite à mon album « Plurielles ».

Depuis combien de temps fais tu de la musique, et comment en es tu arriver là ?
Je fais de la musique depuis l’âge de 6 ans, le piano jazz d’abord en école de musique puis le beatmaking en autodidacte. Je me souviens de mes premiers émois sur Virtual DJ, Ejay et Frutiy Loop au lycée. Comme la plupart des beatmakers, je n’avais pas de clavier maître ou sampleur, je jouais sur le clavier de l’ordinateur, c’était laborieux mais tellement intense de pouvoir manipuler un son !

Avec quel matériel travailles tu ?
Je travaille sur Live avec une MPD24 et différents claviers dont le Microkorg.

Le hip-hop a t’il été pour toi une évidence ?
Ce que j’aime dans le hip-hop, particulièrement le rap, c’est le rythme. Le rythme musical, le rythme des mots : ça m’emporte ! Aujourd’hui, j’aime le rapport qu’entretiennent certains rappeurs avec l’essence même du rap : la soul, le jazz, la funk. Le travail du sampling, de la recherche au traitement du son, en est un exemple.

Au vu de tes influences, je constate que tu samples beaucoup. As tu une préférence à ça plutôt qu’à la composition ?
J’aime travailler le son. Certes, ce n’est pas nouveau car tout le XXème siècle a été un véritable laboratoire sonore. Dans mes différents projets, je sample mais je joue énormément. Par exemple, le projet en hommage à Jay Dee est une (re)création originale. Finalement, on se rend compte que beaucoup de choses ont déjà été faites, il faut chercher à innover, expérimenter, oser… L’intégration de la beatbox en est un exemple.

Pourtant il me semble qu’il n y a pas beaucoup de beatbox dans tes sons ?
Il m’est arrivé d’utiliser la beatbox dans mon projet « Bach to the Classics » en 2014 (« Jam » par exemple). Dans « Reconstruction », 3 des 9 beats sont construits avec. Le plus difficile reste le mixage des voix!

Tu sembles assez solitaire, as tu vocation à travailler avec des artistes ?
Je faisais partie d’un groupe de pop-funk, MarnyfeatJay jusqu’en 2012. Actuellement, je travaille de temps en temps avec la Gratiano Prod, un collectif basé sur Grenoble. Je suis entouré de musiciens mais je réalise le plus souvent des productions seules. Tout peut évoluer !

Et que penses tu du tournant que prends le hip-hop depuis quelques temps ? (Dirty, Trap, Slow-down etc …)
Je suis ouvert à tout, mais pas fan pour autant. J’écoute, je prends ou je laisse de côté.

D’ailleurs, t’écoutes quoi en ce moment ?
GoldLink & Falcons – Vroom
El da sensei – Summertime blues
Airto Moreira – Toque de cuica

Les questions débile du jour : Kebab ou Salade ? JDilla ou Mozart ?
Kebab salade en écoutant Mozart samplé par JDilla.

Ah ah, bonne petite punchline.

Un mot pour la fin ?
Cette phrase de Nietzsche qui résume bien la vie : « Sans la musique, la vie ne serait rien ».

 

Merci, pour le temps que tu nous as accordé.
Merci à toi surtout !

 

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